Cinéma Paradiso

Dernière mise à jour : 9 nov.


Le Cinéma de la nostalgie


Grand Prix du Jury à Cannes et Oscar du meilleur film étranger en 1989, Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore est l’histoire d’une initiation au cinéma et d'une transmission entre un vieux bougon et un petit garçon.

Quand le film sort en 1988, bon nombre de cinémas ont déjà disparu des villages. La télé remplace les grandes salles obscures et les gens s’éloignent des cinémas.




« Alfredo est mort »

Lorsque sa mère lui annonce la mauvaise nouvelle, Salvatore Di Vita, cinéaste reconnu, se souvient de son enfance dans le village de Giancaldo en Sicile et de la salle de cinéma tenue par Alfredo, le projectionniste.


Enfant, il est Toto l'assistant d'Alfredo qui à la fin des années 40 est en charge de ne pas dévoiler au public les scènes que la paroisse estime trop osées. Un seul baiser est une atteinte à la pudeur. Alfredo se prend d’affection pour l’enfant et lui apprend les ficelles du métier. C’est une relation quasi filiale qui s’installe entre ces deux passionnés de cinéma.


Collection-ChristopheL-AFP

Le Paradis perdu


Ces souvenirs d’enfance rendent hommage aux gardiens du temple que sont les projectionnistes et à ces lieux magiques où se retrouvait tout un village. Le Cinéma Paradiso comme loisir populaire, abordable et rassembleur, est évoqué avec tendresse.

Accompagné des thèmes devenus cultes d’Ennio Morricone, le récit de ce paradis perdu nous remémore combien ces salles de cinéma font partie de notre histoire intime et les souvenirs de Salvatore nous rappellent combien nous avons pu être touchés et émus par la magie de certains films.


La madeleine de Giuseppe Tornatore fonctionne à merveille pour les amoureux des salles obscures et reste l’un des plus beaux hommages au 7ème art.


Collection-ChristopheL-AFP


Les rois du plateau


Le réalisateur est né en Sicile, à côté de Palerme, le 26 mai 1956. C'est, à l’époque, un enfant passionné par le 7ème art, qui n’hésitait pas à faire l'école buissonnière pour aller au cinéma.


Avec Cinéma Paradiso, Giuseppe Tornatore évoque ce qu’est devenu le cinéma populaire qu’il a tant aimé et qui l’a enthousiasmé enfant.


Il veut aussi montrer la Sicile comme une terre poétique et pas seulement liée à la violence et la mafia.

Philippe Noiret aura à la lecture des dernières pages du scénario, les larmes aux yeux. Pour se transformer en artisan sicilien, l’acteur bourgeois français travaillera la psychologie du personnage plutôt que le physique.




Salvatore Cascio n’a jamais joué la comédie. Vif, intelligent, il vient du village voisin. L'enfant s'amuse beaucoup, il est une bouffée d’oxygène sur le plateau alors que les adultes sur le tournage pâtissent des tensions entre la production et la réalisation.


Toto adolescent est incarné par Marco Leonardi et Jacques Perrin jouera le rôle adulte. Pour autant, il restera à jamais en mémoire le duo du projectionniste et de son apprenti dans le cœur des spectateurs.


Le 29 septembre 1988, au Bari Europa Cinema Festival, qui a lieu dans la capitale des Pouilles, les acclamations du public vont durer dix minutes.


Le film présenté en compétition au Festival de Cannes en 1989, l’équipe du tournage recevra une ovation de plus de 20 minutes de la part du public en pleurs.